En transition professionnelle, comment gérer votre entourage ?

« J’ai entendu qu’ils recrutaient. Tu devrais leur envoyer une candidature. Par les temps qui courent, il faut être moins exigeant. » Des formules comme celles-ci, vous en entendez régulièrement. Elles émanent de vos proches, inquiets à l’idée que votre transition professionnelle ne se transforme en chômage de longue durée. Difficile alors d’envisager sereinement la suite. Comment gérer son entourage durant cette période ? Pour vous, comme pour eux, ne laissez pas les choses s’enkyster. Voici quelques conseils pour trouver la parade la plus appropriée. 

1 . En transition professionnelle, apprenez à décrypter les messages de vos proches

C’est plutôt une bonne nouvelle : votre famille, vos amis, se soucient de ce qui vous arrive. Ils savent qu’il peut être difficile de trouver un premier emploi ou de rebondir après un licenciement. Mais attention. Rares sont les personnes de votre entourage qui peuvent réellement avoir un impact sur la suite de votre carrière. N’étant pas des experts en accompagnement professionnel, elles peuvent même exercer sur vous un effet contre-productif par un discours négatif ou en dehors des réalités. 

Seulement voilà : vous ne pouvez pas les empêcher de parler. Et que disent-elles ? Ou plutôt : qu’expriment-elles à travers ces paroles ?

  • Avant tout leur attachement. C’est humain, on voudrait que les personnes que l’on aime soient épanouies, dans leur vie personnelle comme professionnelle. Alors quand un incident de parcours surgit, notre premier réflexe est les protéger. Dans le cas d’une transition professionnelle, il est rare que nous détenions la clé de leur rebond. Qu’importe : nous cherchons un pis-aller en leur prodiguant des conseils. Nous aimerions tellement pouvoir l’aider.
  • Se sentir utile est une motivation pour l’entourage. Mais est-ce un point positif pour vous ? En vous suggérant telle ou telle piste, en faisant des remarques sur votre comportement (« tu te lèves trop tard », « tu sors trop »…), elles vous placent subrepticement sur le terrain de l’infantilisation : vous n’auriez plus le discernement nécessaire pour agir. C’est d’autant plus pernicieux que ces paroles émanent de personnes qui comptent pour vous et dont le jugement ne peut vous laisser indifférent. Attention alors au doute qui pourrait surgir : et si elles avaient raison ? Si la situation était pire que vous ne l’imaginez ?
  • La peur de vos proches est un puissant moteur d’intoxication. Elle fait écho à leur propre histoire ou à leurs fantasmes : ils ont éprouvé eux-mêmes une période de chômage ou ont pu constater sur d’autres les effets délétères d’une inactivité subie : difficultés financières, altération des relations, dépression… En bref, la descente aux enfers. En vous ressassant continuellement le scénario du pire, ils espèrent créer un sursaut et vous ramener dans le droit chemin, quitte à prendre le premier job qui se présente. Objectif : supprimer au plus tôt le miroir que vous leur tendez car ils savent que ce qui vous arrive aujourd’hui peut les concerner demain. En reprenant un emploi, peu importe s’il vous satisfait ou non, vous les réancrez dans une normalité de façade à laquelle tout le monde aspire.
  • A travers les paroles de vos proches, une certaine conception de la vie se manifeste. Celle d’une existence consacrée au labeur, sans plaisir mais sans heurts. Pour eux, s’épanouir dans son travail est le privilège de quelques nantis. Chercher à s’épanouir, le dessein des illuminés. Vous l’aurez compris : votre démarche n’est pas bien perçue, a fortiori si vous bénéficiez d’une allocation chômage car, dans ce cas, vous basculez automatiquement parmi les parasites.

Face à ces différentes positions, difficile de ne pas douter de ses choix. Et pourtant, vous le savez : la motivation est votre meilleure alliée pour parvenir à vos objectifs. Car oui, vous croyez en vous et vous avez raison. Vos diplômes : vous ne les avez pas obtenus dans une pochette surprise. Votre parcours : il témoigne de vos compétences et de vos qualités. Vous avez tiré les leçons de vos expériences précédentes et vous savez où vous voulez aller. Le reste doit passer au second plan. Facile à dire, mais comment y parvenir ?

2. Quelques pistes pour desserrer la pression

Vous n’empêcherez pas ceux qui vous sont chers d’avoir un point de vue sur votre situation mais vous pouvez minimiser l’impact de leur discours. Quelques pistes pour vous aider : 

  • Cherchez à rééquilibrer les propos entendus en vous appuyant sur des faits : avec X millions de chômeurs, la concurrence s’avère féroce, ce qui joue forcément sur vos chances de succès. Pourtant, votre candidature intéresse les recruteurs. Vous avez obtenu X entretiens et avez même été shortlisté sur tel poste. Alors patience.
  • Montrez que vous maîtrisez les techniques actuelles de recherche d’emploi : même s’ils sont peu familiers des us et coutumes du marché du travail, vos proches ont observé l’impact du digital dans leur quotidien. Expliquez leur que l’on ne recherche plus un nouveau poste comme avant et qu’aujourd’hui le succès repose sur le triptyque : projet, démarche Réseau, LinkedIn. En particulier si vous êtes un cadre expérimenté ou un dirigeant, plus de 80% de vos chances de trouver le bon job, vont provenir de votre démarche Réseau. Expliquez leur qu’il est devenu inutile de répondre à des centaines d’offres et d’envoyer autant de candidatures spontanées ! Ils comprendront alors (un peu) mieux pourquoi vous passez 80% de votre temps à faire du Réseau, et pourquoi vous avez réalisé un profil complet sur LinkedIn, le plus grand réseau social généraliste professionnel au monde !
  • Soulignez les effets pervers d’une candidature par défaut : prendre le premier poste venu peut s’avérer contre-productif. Mal à l’aise dans ce nouvel environnement, vous risquez de décevoir et de vous faire remercier dans les plus brefs délais. Ce retour à la case départ n’est pas neutre : il joue sur la confiance en soi – « je ne suis même pas capable de… » – au moment où celle-ci aurait besoin d’être au top. 
  • Osez dire stop : les petites phrases sans cesse entendues vous minent ? Faites le savoir. En exprimant à vos proches le malaise ressenti et la nécessité d’un moratoire, vous emporterez l’adhésion. Leur objectif est de vous rendre heureux. Si vous leur montrez qu’ils tendent à l’effet inverse, ils se censureront… quelque temps du moins.
  • Comment bien gérer votre entourage ? Ne leur dites pas tout ! Si vous racontez toutes vos angoisses et vos doutes à vos proches, cela va vous revenir en boomerang dans la figure. Par conséquent, soyez vigilant à communiquer de manière positive et sereine. Sélectionnez l’information ! Ils n’ont vraiment pas besoin de tout savoir. Ainsi ils resteront plus confiants sur l’issue de votre transition professionnelle.

Toutes ces recommandations ont un point commun : elles vous poussent à agir, plutôt qu’à subir. Vos proches s’expriment, faites-le aussi. D’autant que vous avez des arguments pour contrer leurs projections. Vous pouvez même aller plus loin en leur suggérant certaines modifications dans leur comportement ou leurs habitudes – « j’aimerais bien que tu cuisines ce soir afin que je suive le webinar dont je t’ai parlé » -, ou leur confier vos attentes – « je crois que je me sentirai à l’aise dans ce domaine. Tu peux me mettre en relation avec ton amie qui je crois y travaille ? ». 

3. Et surtout, ne restez pas seul durant votre transition professionnelle !

Malgré vos efforts, et les leurs, vous sentez que vos proches ont du mal à comprendre la direction que vous avez prise.

Lorsque l’on est en transition professionnelle, le moral fait des hauts et des bas. Surtout ne restez pas seul durant cette période ! Faites-vous accompagner !

C’est peut-être le moment d’aller chercher un soutien auprès de personnes plus averties des réalités du marché du travail. Deux options :

  • Pensez aux associations (anciens de votre école, groupes de pairs, cadres à la recherche d’un nouveau job…). Les bénévoles de ces associations (par exemple Avarap, Ace78, Oser75, Oser78, Oser92, Emploi Nouvelle Donne, Réseau Oudinot, Dynamique Cadres …) font un travail remarquable. Par leur biais, vous obtiendrez un regard professionnel sur votre projet et bénéficierez d’une ouverture sur d’autres manières de penser et de faire. Un excellent stimulant.
  • Faites-vous accompagner par un spécialiste de la transition professionnelle. Cette démarche vous permettra de vérifier que votre projet est réaliste et réalisable, compte tenu de vos atouts et de l’état du marché du travail. Dans le cas contraire, vous élaborerez avec votre consultant une alternative plus adéquate. Vous sécuriserez votre projet professionnel, vous identifierez vos cibles, il vous apprendra la démarche Réseau, vous aidera à construire vos pitchs, et un profil LinkedIn en parfaite adéquation avec votre projet. Vous serez stimulé, vous bénéficierez des conseils d’un professionnel pour gardez le moral et garder le cap, jusqu’à votre prise de poste !

Lors de votre transition professionnelle, mettez toutes les chances de votre côté en associant votre entourage à la hauteur… de ce qu’il peut vous apporter. Si malgré vos explications et démonstrations, il s’entête à considérer que vos ambitions sont irréalistes ou que vous ne cherchez pas vraiment du travail, prenez de la distance et optez pour d’autres connexions. Elargir son cercle de relations est l’une des clés pour rebondir. Si en plus vous êtes entouré de personnes positives, capables de vous tirer vers le haut, alors vous avez de grandes chances d’atteindre votre objectif dans un délai raisonnable. De quoi rassurer vos proches sur vos capacités.

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Philippe Douale

Expert en évolution professionnelle, LinkedIn & Networking

Philippe accompagne les cadres et les dirigeants, en évolution professionnelle, pour trouver leur prochain poste, en outplacement complet (6 mois, 9 mois, un an, où jusqu’à la fin de la période d’essai), ou en outplacement en version accélérée (3 mois).
Philippe propose également des accompagnements spécialisés sur votre profil LinkedIn, que vous désiriez utiliser celui-ci pour trouver votre prochain poste, faire décoller votre business en tant que freelance, ou soigner votre image professionnelle en tant que dirigeant en poste.
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