Je veux quitter mon entreprise

Je veux quitter mon entreprise – Résumé

Sous-titre : Comment décider et négocier mon départ

Auteurs : Maurice A. Bercoff et Bertrand Reynaud

Editeur : Le Seuil, 2013

Je veux quitter mon entreprise – Le pitch 

Comment réussir sa rupture professionnelle ? Que nous soyons tentés par un nouveau challenge (nouveau poste, free-lancing…) ou témoins de notre propre descente aux enfers dans la société qui nous emploie, nous sommes rarement à l’aise quand il s’agit de formaliser notre départ. Pour aller de l’avant, je vous conseille l’ouvrage de Maurice Bercoff et Bertrand Reynaud, spécialistes des négociations de départ des dirigeants. Analysant ce qui se joue à ce moment clé, ils nous livrent le bagage théorique et pratique pour négocier au mieux cette séquence de fin, passage obligé vers de nouvelles perspectives professionnelles. Un ouvrage particulièrement utile.

Pourquoi il faut avoir lu ce livre ?

Démission, licenciement, rupture conventionnelle : trois modalités pour mettre un terme au contrat de travail avec souvent, en arrière-plan, une tension que vous n’auriez jamais imaginée il y a quelques mois encore. Eh oui, personne ne nous apprend à quitter une entreprise alors qu’une littérature importante est consacrée au processus d’embauche. L’ouvrage de Maurice Bercoff et Bertrand Reynaud fait donc partie des rares références sur un sujet trop souvent négligé et qui pourtant, s’avère être une étape cruciale dans notre développement professionnel. Multipliant les angles (sociologie, psychologie, droit, finances…), les auteurs nous amènent progressivement à cerner une matière complexe que des témoignages au fil de la lecture et en fin d’ouvrage rendent accessible et vivante. De quoi dédramatiser cette phase de rupture qui, si elle est bien anticipée et préparée, peut s’avérer plus productive et féconde que ce que vous en attendiez. 

Je veux quitter mon entreprise – Le résumé

C’est certain : vous allez quitter prochainement votre entreprise. Mais dans quelles conditions ? Et pour quoi faire ? Deux questions essentielles que vous avez pour l’instant tendance à ignorer au profit de la rancune qui vous submerge : l’implication que vous avez déployée tout au long de ces années est bien peu récompensée, jugez-vous. Ceux qui hier vous félicitaient pour vos résultats et votre attitude coopérative semblent aujourd’hui vous ignorer, au pire contester vos actions et votre alignement.

Et pourtant n’était-ce pas prévisible ? En d’autres termes, étiez-vous vraiment fait pour cette entreprise ? Quelques explications s’imposent.

  1. Comment fonctionne le top management

Tandis qu’un arsenal de lois, de règlements, d’accords, encadre les relations du travail, le top management est soumis à des principes implicites mais non moins puissants, tels que :

  • le partage de la stratégie de l’entreprise, incarnée par le numéro 1, et que chacun s’engage à déployer dans son domaine d’expertise
  • un système d’allégeance « au patron », personnage souvent charismatique à qui l’on voue une fidélité sans faille
  • des relations interpersonnelles complexes, sur fond de lutte de pouvoir entre les différents managers

Qui transgresse ces règles est aussitôt banni. Mais comment intègre-t-on ce cercle très fermé ?

  1. Born to be the boss ?

Pour le sociologue Thomas Troadec, trois types de managers sont susceptibles d’être appelés aux plus hautes fonctions :

  • les experts qui, pour se hisser dans ce pré carré, devront parfois se faire violence afin d’endosser l’habit de l’homme d’influence par-dessus celui de « super technicien » 
  • les stratèges dont la compétence, alliée à un sens inné du pouvoir, leur permet de pousser leurs idées et de gravir les dernières marches de la hiérarchie
  • les opportunistes qui, au contraire des deux précédents, se singularisent davantage par leur capacité à détecter les sujets porteurs et à y associer leur nom qu’à s’investir dans un travail de fond.

A présent, testez-vous : parmi ces trois profils, quel est celui avec lequel vous avez le plus d’affinités ? Vous pouvez aussi prendre la question à l’envers : en quoi votre profil s’écarte-t-il de ces trois exemples ? Et comment le vivez-vous ? Etes-vous prêt à vous conformer à ce que l’on attend d’un dirigeant dans CETTE entreprise ou préférez-vous ouvrir une nouvelle étape dans votre vie professionnelle ? Dans ce cas, comment comptez-vous aborder cette séquence ?

  1. Envisager l’hypothèse d’un départ

Comme nous le rappellent Jane Turner et Bernard Hévin dans leur ouvrage Construire sa vie d’adulte, une expérience professionnelle se déroule généralement en 4 actes : 

  • 1er acte : vous êtes sur une trajectoire ascendante. Projets, équipes, hiérarchie : tout vous sourit dans cette phase d’alignement
  • 2e acte : insidieusement cependant se révèlent un certain nombre de signes objectifs (les félicitations se font plus rares, les invitations aux séminaires aussi) et subjectifs (vous avez de plus en plus de mal à vous lever le matin, vous ressentez un certain malaise lorsque vous franchissez les portes de l’entreprise) qui vous mettent en décalage avec votre environnement
  • 3e acte : vous tentez alors de prendre de la distance en revisitant notamment votre carrière. Réussites, échecs, compétences techniques et relationnelles mobilisées sur vos projets actuels et passés… : c’est le moment de tout passer en revue sans état d’âme. Je vous le concède : il n’est pas toujours facile de se livrer à une telle introspection. Dans ce cas, faites-vous accompagner si vous le pouvez par un spécialiste de la transition professionnelle (Je vous invite à lire également : Outplacement : boostez votre transition professionnelle). 
  • Dernier acte : le désengagement acté, vous êtes en mesure de réfléchir à votre avenir. Allez-vous chercher un nouveau poste ? Développer une nouvelle activité en tant qu’indépendant ? Là encore, un accompagnement à ce stade peut s’avérer la meilleure option. 

Au terme de ces différentes étapes, vous êtes convaincu qu’un départ est la meilleure solution pour vous. Reste désormais à convaincre votre entreprise du bien-fondé de ce choix. 

  1. Bien négocier son départ

En spécialistes de ce type de négociations, Maurice Bercoff et Bertrand Reynaud, auteurs de Je veux quitter mon entreprise, vous conseillent de « multiplier les sujets de discussion mais aussi d’installer le climat propice à l’échange et à la créativité. Plus on a de sujets à discuter, plus on a de chances de faire de bons échanges (de concessions) et donc d’obtenir ce à quoi on tient le plus ».

Passons en revue les sujets potentiellement à débattre :

  • forme de la rupture : rupture conventionnelle, licenciement avec transaction…
  • préavis dans le cas d’une rupture conventionnelle
  • indemnités de rupture
  • partie variable de l’année en cours, dont l’inclusion peut être négociée dans votre indemnité
  • stock-options
  • perte des droits de retraite
  • financement d’un outplacement
  • prise en charge d’une formation
  • portabilité de vos droits à la mutuelle et à la prévoyance
  • maintien de la voiture de fonction, de l’ordinateur et/ou du téléphone portable

Parmi ces différents éléments, certains s’avèrent objectivement indispensables pour sécuriser votre repositionnement, notamment les indemnités de rupture et l’outplacement. Mais chacun, selon sa situation, établira sa liste de priorités. C’est important car elle permet de repérer les éléments sur lesquels on peut lâcher. Un bon point aux yeux de votre interlocuteur qui aura ainsi l’impression d’une négociation équilibrée.

Ne vous y trompez pas : la plupart des points évoqués ci-dessus sont des sujets techniques que les personnes en face de vous maîtrisent sur le bout des ongles. Vous a priori beaucoup moins, sauf si vous travaillez dans les Ressources Humaines. D’où l’intérêt de vous plonger dans Je veux quitter mon entreprise qui, en quelques dizaines de pages, vous préparera aux sujets les plus sensibles, à savoir le mode et les indemnités de rupture.

  1. Se séparer à l’amiable ou par voie contentieuse

La rupture peut être à votre initiative (démission), à l’initiative de votre employeur (licenciement) ou négociée (rupture conventionnelle). 

Au premier abord, la première solution (démission) s’avère particulièrement risquée puisque sauf, exceptions (suivi du conjoint, licenciement avant 65 jours dans votre nouvelle entreprise…), vous ne pourrez prétendre aux allocations chômage. « Pourtant, la démission présente des vertus qu’aucun autre mode de rupture ne peut vous offrir : en certaines circonstances, elle peut s’imposer pour préserver et sauver… votre honneur et votre dignité ! ».

Quelle que soit sa motivation, le licenciement est une mesure subie, dépendant de l’appréciation que l’entreprise se fait de vous (compétences, résultats, alignement…) ou de sa situation économique. Bien sûr, vous pourrez toujours le contester devant les Prud’hommes, et même obtenir dans certains cas votre réintégration, mais il convient de ne pas mésestimer les effets psychologiques de cette séquence conflictuelle. Obtenir réparation peut également se traduire par une indemnité transactionnelle qui vous aidera à tourner la page. 

Dans l’hypothèse où ni la démission, ni le licenciement ne s’imposent à vous, optez pour une rupture conventionnelle qui présente deux avantages, outre la négociation d’indemnités de rupture (abordée au paragraphe suivant) :

  • Pas de justification à donner
  • Simplicité de la procédure : votre employeur remplit un formulaire contenant les différents éléments de l’accord qui, passé un délai de 15 jours, est présenté pour homologation à la DIRECCTE. Si celle-ci ne se manifeste pas pendant les 15 jours suivants, l’accord est entériné.

Si vous jugez que la négociation s’enlise et que cette perte de temps est préjudiciable à vos projets, vous pouvez recourir à « l’arme fatale » et déposer auprès des Prud’hommes une demande en résiliation judiciaire (DRJ). 

La DRJ vous permet de rester en poste pendant toute la durée de l’action prud’homale, soit plusieurs mois. Au terme de la procédure :

  • soit vous obtenez gain de cause et bénéficierez des effets d’un licenciement sans motif réel et sérieux, ce qui vous permettra de toucher des dommages-intérêts fixés par le juge, 
  • soit vous êtes débouté et restez alors dans l’entreprise.

Ni votre société (durée de la procédure, incertitude du résultat), ni vous (tension, réputation) n’avez intérêt à une DRJ. Mais la simple suggestion d’y recourir pendant la négociation peut débloquer la situation en améliorant le rapport de force qui, jusqu’à présent, semblait plutôt en votre défaveur.

  1. Solder les comptes 

A l’occasion de la rupture de votre contrat de travail, votre employeur vous remettra un solde de tout compte. 

Celui-ci comprend les sommes dues au titre :

  • du préavis (en général 3 mois), qu’il soit ou non effectué, sauf en cas de faute grave ou lourde
  • des congés payés et des RTT non encore pris
  • des primes contractuelles (13e mois, primes statutaires…) comptabilisées jusqu’à la rupture du contrat

Eventuellement :

  • de la part variable de votre rémunération (montant à négocier)
  • de la clause de non-concurrence

Tous ces éléments sont soumis à l’ensemble des charges sociales et à l’impôt sur le revenu.

A ces sommes s’ajoutent :

  • une indemnité, légale ou conventionnelle (la plus favorable des deux) en cas de licenciement hors faute grave ou lourde, dont le montant est fonction de votre ancienneté et éventuellement de votre statut
  • une indemnité négociée dont, par définition, le montant n’est pas fixé a priori mais résulte de votre capacité à influencer, parfois à menacer, la partie adverse. Quelles que soient vos prétentions, fixez-les à partir de votre rémunération BRUTE, incluant les primes, éventuellement la part variable et la contrepartie liée à la clause de non-concurrence. 
  1. Combien de temps puis-je tenir ?

Vous venez de signer votre rupture sans de réelles perspectives professionnelles. Se pose alors la question : combien de temps puis-je tenir financièrement ? L’un des paramètres à prendre en compte à ce stade est bien entendu votre possibilité de mobiliser ou non des allocations chômage.

Sur ce point spécifique, je vous invite à lire : Indemnités chômage : comment ça marche ?

Une fois cette question résolue, lancez-vous dans une opération vérité, visant à calculer « le point 0 correspondant au mois où votre niveau de vie (ensemble des dépenses courantes, telles que loyer, remboursement de crédit, consommation…) et le paiement de vos impôts auront épuisé vos ressources nées de la rupture de votre contrat. » 

Vous l’aurez compris : plus le point 0 est éloigné dans le temps (idéalement deux ans minimum), plus vous aborderez avec sérénité la phase de négociation et ses suites.

Pour conclure…

Dans sa dernière partie, Je veux quitter mon entreprise nous livre les témoignages d’hommes et de femmes passés par un processus de rupture. Ces récits sont particulièrement instructifs pour qui recherche des conseils pratiques sur la façon de préparer, mener et conclure une négociation. Il en ressort que le capital relationnel, c’est-à-dire l’estime et la confiance établies au fil des années entre les collaborateurs d’hier, devenus aujourd’hui négociateurs, constitue un élément clé d’une sortie par le haut. En d’autres termes, le réseau formel et informel que vous constituerez et entretiendrez au fil de votre parcours est une des clés de votre rebond.

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Philippe Douale

Expert en évolution professionnelle, LinkedIn & Networking

Philippe accompagne les cadres et les dirigeants, en évolution professionnelle, pour trouver leur prochain poste, en outplacement complet (6 mois, 9 mois, un an, où jusqu’à la fin de la période d’essai), ou en outplacement en version accélérée (3 mois).
Philippe propose également des accompagnements spécialisés sur votre profil LinkedIn, que vous désiriez utiliser celui-ci pour trouver votre prochain poste, faire décoller votre business en tant que freelance, ou soigner votre image professionnelle en tant que dirigeant en poste.
Si vous êtes freelance, ou souhaitez le devenir, Philippe vous accompagne pour prendre ou reprendre un bon départ et faire décoller votre activité.

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