Entretiens avec Hervé Bommelaer, le pape du Réseau

Dans cette interview, je reviens avec Hervé Bommelaer sur la notion d’Outplacement. Certes Hervé est le « pape » du Réseau (Networking) en France, mais il est aussi un Outplaceur très réputé dans l’un des cabinets les plus prestigieux de la place de Paris : Enjeux et Dirigeants. Pourquoi a-t-il choisi ce métier ? En quoi est-ce que cela consiste ? A qui est-ce que cela s’adresse ? Comment cela fonctionne ! En effet, j’ai décidé de préciser avec lui cette notion car je me suis aperçu que pour le cadre supérieur ou le dirigeant, confronté pour la première fois à la recherche d’un nouveau job, les métiers liés à l’outplacement, la chasse de têtes ou le coaching en transition de carrière ne sont pas toujours très clairs.

Hervé évoque également le livre de développement personnel qui l’a le plus marqué. Il s’agit du best-seller « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie.

Impossible de mener cet échange, sans, bien entendu, aborder la démarche Réseau. Hervé s’adresse à celles et ceux qui doutent de l’efficacité de la démarche. Il donne également des conseils à ceux qui éprouvent des difficultés dans la relance des personnes déjà rencontrées. Il revient aussi sur une erreur qui consiste à indiquer sur LinkedIn que vous êtes en recherche active ou en transition professionnelle.

Impossible également de ne pas aborder plus encore le digital, les réseaux sociaux. Cofondateur de www.jobfinder.fr avec Marc Pham Trong, il revient sur les bénéfices de cet outil très utile que l’on soit en recherche d’emploi ou pas, en poste ou pas. Il revient sur son utilisation de LinkedIn, mais aussi de Twitter dont il préconise l’utilisation auprès de ses clients.

Voici la retranscription complète de cet échange :

Bonjour Hervé

Bonjour Philippe

Tout le monde le sait, tu es la référence en France en matière de démarche Réseau, en matière de networking. Tu es même surnommé le pape du Réseau. Et ce que certains savent moins, c’est que tu es outplaceur. Alors quel a été ton parcours avant de devenir un outplaceur et pourquoi as-tu choisi ce métier ?

Alors, c’est un métier, que j’ai choisi par vocation puisque, d’abord j’ai commencé dans la communication. J’ai passé 22 ans dans la communication et j’ai découvert les métiers de l’outplacement vers 40 ans et j’ai eu la chance moi même d’être outplacé, donc de suivre un cursus d’outplacement, et au bout de deux séances avec mon consultant, j’ai décidé de faire son métier.

D’accord, j’observe que tout le monde ne sait pas très bien ce que c’est que l’Outplacement et parfois certains confondent outplaceurs, chasseurs de têtes, coachs. Et toi qui exerces dans un des plus prestigieux cabinets d’Outplacement de la place parisienne.

Peux-tu clarifier un petit peu ces notions pour tous ?

Ça va être très simple. L’Outplacement c’est l’accompagnement en transition de carrière, l’accompagnement de personnes qui cherchent un emploi.

Les autres métiers : coachs, chasseur de têtes, c’est d’autres métiers.

Nous vraiment, notre job, c’est d’accompagner la personne au chômage, qui va donc être en recherche d’emploi.

Et qui sont tes clients ? Qui peut faire appel à toi ? Alors en fait, ce sont des cadres confirmés, cadres supérieurs cadres dirigeants, dont la prestation est payée par l’entreprise. C’est à dire, l’entreprise leur demande de partir, les licencie, mais dans le package de départ elle offre un Outplacement.

Et à quelle fréquence rencontres tu les clients que tu accompagnes ? Mes clients, je les rencontre, au minimum une fois par semaine, quelques fois deux fois par semaine, donc ça veut dire que j’ai très peu clients en moyenne mobile. J’ai à peu près huit clients en même temps ce qui est très peu mais ce qui me permet d’être réactif disponible et créatif.

Est-ce que parfois tes clients pensent que c’est toi qui vas leur trouver leur job ?

Non parce que ce sont des gens intelligents et qu’ils ont compris que voilà, moi je suis à côté d’eux.

Je suis l’entraîneur et voilà mais eux rentrent sur le terrain et c’est à eux de marquer les buts. Alors, je vais leur fournir les chaussures de foot, les protèges tibias, je vais les masser avant, je vais les préparer, je vais leur expliquer où est le but adverse, mais vraiment, c’est eux qui vont marquer le but.

Et quel est le livre de développement personnel qui t’a le plus marqué ? Si tu as un seul livre à recommander, ce serait lequel ?

Alors moi c’est un livre que j’ai lu à 21 ans quand j’étais à l’ESSEC, et qui s’appelle : « comment se faire des amis » et à l’époque ça s’appelait « comment se faire des amis et réussir dans la vie ».

Entre temps, ils ont coupé, réussir dans la vie. Mais c’est vraiment un livre qui m’a marqué et qui m’a et que je relis régulièrement et que je conseille car c’est la base des relations entre individus.

Pour booster sa carrière quel est le meilleur conseil que tu pourrais donner à nos spectateurs, qu’ils soient en poste ou pas ?

C’est de faire du Réseau parce que beaucoup de gens adoptent le syndrome du bon élève. C’est à dire pensent que pour réussir une carrière. Il faut juste bien travailler, c’est l’école, ce sont les parents, tous, tout le système qui nous apprend ça, et en fait, on se rend compte que pour réussir une carrière et peu importe la carrière, qu’on veut réussir mais pour la réussir, il faut non seulement à peu près bien travailler mais il faut entretenir, développer un réseau autour de soi. Un réseau à la fois professionnel dans son secteur avec ses anciens patrons, ses anciens collaborateurs, évidemment ses collaborateurs actuels et ses patrons actuels, mais aussi tout un écosystème qui est lié au consulting, des avocats etc. Donc le Réseau est fondamental pour réussir une carrière.

On ne peut pas mener cette interview sans aborder encore plus en profondeur, cette démarche réseau. Est-ce que tu peux nous rappeler en quelques mots de quoi s’agit-il ? A quoi, à qui ça sert ?

Le réseau en recherche d’emploi, ça sert à se rendre visible et lisible dans un écosystème qui est défini par un projet et par des cibles. Donc, je suis un très bon professionnel dans mon secteur si personne ne me connait. Je vais rester chez moi très longtemps à regarder l’inspecteur Derrick ou loi amour et beauté alors que si je commence à me rendre visible et lisible en rencontrant des gens que je connais, qui vont faire rencontrer des gens que je ne connais pas, en me rendant de plus en plus visible, un moment, une opportunité va mettre proposer. 

Et à celui qui doute de l’efficacité de cette démarche que lui dis-tu ?

Je lui dis que le Réseau, c’est comme le vélo au début quand un martien débarque de sa planète et qui voit un vélo, il se dit quand même, c’est bizarre et ça ne marchera jamais. En fait, il faut monter dessus, il faut commencer à pédaler et c’est magique. Ça tient debout et ça permet d’aller plus vite. Le réseau, c’est la même chose, il faut comprendre comment ça fonctionne et une fois qu’on se met en route, une fois qu’on met en activation le réseau, on se rend compte que c’est absolument génial, que ça fonctionne qu’on rencontre des gens qui a priori avait aucune raison de nous rencontrer, et dans ces gens-là, il y en a bien un qui va me proposer un job.

Et à ceux qui annoncent régulièrement la mort du cv, la mort de la lettre de motivation, que leur réponds tu ?

Je leur annonce moi, la mort des chasseurs de têtes, la mort de l’Outplacement, la mort de la France, la mort du monde. En fin moi j’adore les gens qui prévoient le pire en fait. Je me rends compte simplement que le cv n’est pas mort, que la lettre de motivation, c’est vrai que on en utilise moins, mais elle n’est quand même pas morte parce qu’il y a encore des demandes. Voilà donc je regarde ça avec un certain sourire.

Et pour ceux qui commettent encore l’erreur d’écrire sur leur profil LinkedIn, qu’ils sont en recherche active comment les dissuader ?

Eh bien, je leur propose de tester, de ne plus mettre cette phrase pendant un certain temps et de voir le résultat. Et pour celui qui n’est plus en poste et qui écrit dans son résumé LinkedIn, qu’il est en transition professionnelle n’est-ce pas un peu la même chose finalement, parce que on comprend qu’il est en recherche d’emploi ? Exactement, donc, il vaut mieux supprimer cette mention.

D’accord et certains dans leurs démarches réseau rencontrent des difficultés dans la relance, ils ont de nombreux entretiens Réseau, ils appliquent bien ta technique ils font des comptes rendus mais, quelque temps plus tard, ils ont envie de relancer certaines personnes à rencontrer mais ils se bloquent. Ils ne savent pas comment s’y prendre.

Quels conseils tu peux leur donner ?

Moi, je leur conseille de faire des cadeaux donc d’envoyer aux personnes du Réseaqu’ils veulent relancer soit des articles soit des liens sur des articles intéressants, soit pourquoi pas un livre qu’il considère intéressant et qu’ils veulent offrir à l’autre et il arrête, c’est que plus je pense à la personne du Réseau. Plus celle-ci va penser à moi donc il y a un côté, il faut se rappeler au bon souvenir des personnes pour qu’elles se souviennent de moi.

Et bien sûr, la question à éviter, c’est, est-ce qu’il y a une nouvelle piste chez vous pour moi, un nouveau poste quelque chose ? Ça, c’est à ne pas dire.

C’est une manière pas forcément très efficace de fonctionner, sachant qu’on peut faire peur à la personne en face et apparaître comme un mort de faim, ce qui n’est jamais bon dans l’activation réseau. Un mot sur ton livre « trouver le bon job grâce au Réseau » qui est la référence en France et un best-seller aux éditions Eyrolles.

Tu en est à combien de ventes là ?

On doit être à 25000 exemplaires. Mais c’est un livre qui a été écrit en 2004, qui est paru pour la première fois en 2005.

On doit être à la cinquième ou sixième édition. Donc, ce n’est pas un best-seller, c’est un long seller.

C’est à dire qu’il s’en vend toutes les tous les ans 2500 à 3000.

C’est la preuve que c’est un livre qui fait son boulot, qui permet aux gens de de trouver justement un bon job.

Est-ce que tu le conseillerais aux étudiants dans les grandes écoles par exemple ?

Je le conseille oui, aussi aux étudiants dans les grandes écoles, parce que la technique pour chercher un job, elle fonctionne aussi bien pour un cadre confirmé que pour un cadre débutant. Et les étudiants sont des cadres débutants.

Y compris pour trouver un stage les techniques…

Exactement.

Tu as également créé avec notre ami Marc Pham Trong, le site Jobfinder. A qui s’adresse ce service et à quoi ça sert ?

Jobfinder, à trois à quatre composantes. La première, c’est d’organiser sa recherche d’emploi sur un seul tableau de bord, qui est disponible sous forme internet. C’est à dire sur sa tablette, son PC ou son téléphone. Le deuxième vecteur, ce sont des conseils, c’est tous les conseils importants pour mener une recherche d’emploi.

La troisième fonctionnalité, ce sont les outils. Donc les mails de remerciement, les mails d’approche des chasseurs, tous, les outils nécessaires à une recherche d’emploi et la dernière fonctionnalité, ce sont les chasseurs de têtes, c’est à dire les coordonnées des chasseurs de têtes en France en Suisse en Angleterre et en Belgique etc.

Alors je sais que tu utilises beaucoup le digital, à commencer par LinkedIn pas seulement.

Commençons par LinkedIn, qu’est ce qui te plaît dans LinkedIn et comment l’utilises-tu ?

Alors LinkedIn, ma gloire dans LinkedIn c’est d’avoir fait la toute première conférence en France pour présenter LinkedIn. C’était en 2004 et c’était à l’école des Mines.

Ensuite je pense que j’ai été un des tout premiers à en parler dans mes livres et à l’époque, c’était LinkedIn et Viaduc, on parlait de Viaduc à l’époque.

 Donc moi, je suis un grand fanatique de LinkedIn, je trouve que c’est à noter absolument fabuleux mais une poignée de clics, ne remplace pas une poignée de main donc LinkedIn, c’est un accélérateur et un facilitateur de Réseau. Ensuite la nouvelle version de LinkedIn, on aime ou on n’aime pas mais de toute manière, on n’a pas le choix. Donc, il va falloir s’y adapter et je m’y adapte.

Est-ce que tu acceptes tout le monde sur LinkedIn ?

J’ai tendance. Au début je n’acceptais pas tout le monde, maintenant, j’accepte les gens qui veulent vraiment se mettre en relation avec moi. La plupart du temps, j’accepte sans discuter, quelquefois, quand, j’ai un petit doute, je pose la question à la personne.

Qu’est-ce que je peux faire pour vous et là, il s’avère que tout le monde ne répond pas, dans ce cas-là je n’accepte pas. Et puis, je sais également que tu es un fan de Twitter, tu animes même plusieurs comptes Twitter.

Qu’est-ce que Twitter t’apporte ? 

Twitter pour moi, est une formidable source d’information, sur les sujets qui me passionnent, c’est à dire la recherche d’emploi et le networking. Donc, j’apprends beaucoup de choses sur Twitter et ensuite j’essaie de prêcher Twitter auprès de mes clients et j’avoue que je ne réussis pas toujours. Donc, je pense que à peu près un tiers des clients font sur Twitter. Les autres, ça ne fonctionne pas.

Et comment tu, expliques leurs réticences ou leur frein. C’est que déjà LinkedIn, il faut qu’ils s’y mettent et ils savent que c’est absolument indispensable.

Twitter apparaît plus comme secondaire et pas forcément nécessaire, donc j’essaie de les convaincre mais j’ai du mal.

Es-tu présent sur d’autres réseaux, Facebook par exemple ?

Facebook à titre personnel. Vraiment Facebook, c’est un Réseau où j’ai mes amis.

LinkedIn, c’est le côté professionnel. Donc, je fais vraiment la différence entre les deux.

Très bien. 

Eh bien Hervé, merci beaucoup pour cette interview et ces échanges très intéressants et merci également pour ses précieux conseils prodigués.

Aujourd’hui. A bientôt. 

Merci, à bientôt Philippe.

Retrouvez Hervé Bommelaer sur :

LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/hervebommelaer/

Twitter : https://twitter.com/HerveBommelaer

Voici également une interview d’Hervé Bommelaer du 19 juillet 2014

1) Philippe DoualeHervé Bommelaer, vous avez publié cinq livres sur le Réseau et vous donnez de nombreuses conférences sur ce sujet. J’ai souvent entendu prononcée l’expression « pape du Réseau » pour vous désigner. Alors, comment avez vous fait et qu’est-ce que cela fait d’être une référence du networking en France?

Hervé Bommelaer – L’histoire est simple. J’ai eu la chance de bénéficier d’un outplacement il y a treize ans et, dans ce cadre, j’ai rencontré un consultant qui m’a fait bénéficier de sa grande expérience en matière de Réseau. J’ai été immédiatement convaincu par cette démarche qui est fondamentale pour décrocher un emploi en France. Grâce au Réseau, j’ai trouvé un job dans l’outplacement de cadres dirigeants, Puis, j’ai cherché les bons livres sur le sujet, mais étonnamment à l’époque, il n’existait pas un seul ouvrage sur la recherche d’emploi via le réseau. Aussi, j’ai décidé de l’écrire! Mon ouvrage « Trouver le bon job grâce au réseau«  est sorti en 2005. Le livre a reçu un excellent accueil. Il m’a permis de donner des conférences, et d’être rapidement identifié comme « monsieur Réseau ». Dans la foulée j’ai écrit deux autres bouquins, toujours sur le réseau et, à un moment donné, effectivement on m’a surnommé le « pape du Réseau ». En fait, dans la mesure où il n’y avait pas de concurrence, je me suis retrouvé le premier sur ce « territoire » que personne n’occupait. Je suis toujours étonné qu’avant moi, dans le métier de l’outplacement, personne n’ait songé à écrire sur ce sujet.

Philippe DoualeComment avez vous trouvé un éditeur pour ce premier livre?
Hervé Bommelaer – J’ai d’abord songé à écrire aux maisons d’éditions mais je me suis dit que rédigeant un livre sur le réseau, il était logique d’utiliser le réseau pour approcher les éditeurs. J’ai commencé à en parler autour de moi et une personne du monde de l’édition, rencontrée quelques temps plus tôt lors d’un séminaire d’analyse transactionnelle, m’a proposé d’en parler à Serge Eyrolles qu’il connaissait bien.
Grâce à lui, j’ai donc rencontré Serge Eyrolles qui a accepté de me publier au bout de 20 minutes d’entretien.

Ce premier livre a été réédité 7 fois et vendu à plus de 35 000 exemplaires.

Ce succès m’a permis d’en publier quatre autres, toujours chez Eyrolles. Au final, je trouve cela étonnant d’être devenu la référence sur le réseau, mais honnêtement, ce n’était pas difficile, il fallait juste écrire le bon livre au bon moment et donner les bonnes conférences sur le sujet. Je n’ai pas cherché à obtenir cette image mais évidemment, je ne le regrette pas !

2) Philippe DoualeLe blog d’orgaphenix a pour vocation de partager des bonnes pratiques pour apprendre à s’organiser pour réussir. Réussir à gagner du temps, réussir ses entretiens, réussir à utiliser les réseaux sociaux. Il est question aussi de passer de la performance à l’efficacité, au sens où la performance consiste uniquement à faire plus avec moins de ressources, et l’efficacité à se rapprocher de ses objectifs. Quels sont pour vous les 3 conseils que vous donnez au chercheur d’emploi pour passer de la performance à l’efficacité ?

Hervé Bommelaer

Le premier conseil est d’être clair et précis sur son projet.

En effet, je rencontre parfois des personnes qui partent dans toutes les directions et c’est vraiment de la perte de temps, de la perte de confiance et aussi de la perte en crédibilité. Il est particulièrement important d’avoir un projet précis, simple et réalisable. Quand le chercheur d’emploi présente son projet, on doit le comprendre tout de suite.

Le deuxième conseil consiste à faire du Réseau !

Le Réseau permet d’accéder aux chasseurs de têtes, d’identifier des pistes et d’accéder au marché caché qui est très important.

Le troisième conseil consiste à être organisé et professionnel dans sa démarche.

L’efficacité en recherche d’emploi est liée à la professionnalisation de la démarche. Chercher un emploi « en amateur » est voué à l’échec. Il est utile d’être bien conseillé, de lire les bons livres et de se doter d’une organisation hors pair. L’organisation efficace s’accompagne aussi d’une bonne dose de discipline personnelle, d’énergie et d’optimisme.

3) Philippe DoualeUne étude Apec publiée, mercredi 18 juin 2014, assure que le recrutement de plus de 8 cadres sur 10 en 2013 (82%), a fait suite à la diffusion d’une offre d’emploi. Répondre aux annonces serait-il le moyen le plus efficace de trouver son nouveau job ?

Hervé Bommelaer – Avant 2007/2008, chaque année, l’Apec publiait une étude qui montrait que sur l’ensemble des cadres, le Réseau était à l’origine d’environ 40% des jobs. Cela confirmait les chiffres que nous constations dans le métier de l’outplacement. Nous observions également que, pour les cadres confirmés, cadres supérieurs et dirigeants, le Réseau était à l’origine de 70% des jobs. Et puis, d’un seul coup à partir de 2008, l’Apec annonça que le réseau ne fonctionnait plus et qu’il était à l’origine de moins de 10% des jobs. J’ai alors étudié la méthode utilisée pour les sondages et je me suis aperçu que l’échantillon avait été modifié. On interrogeait auparavant les chercheurs d’emploi – « comment avez-vous trouvé ce job? » et on s’est mis d’un seul coup à interroger les DRH : « comment avez-vous recruté vos nouveaux collaborateurs? ». La perception n’est évidemment plus la même !

Philippe Douale – Une étude menée en ligne par RegionsJob du 17 au 27 juin 2013, auprès de 14 000 personnes en France, dont plus de 350 travaillant dans les ressources humaines, révèlerait que les sites d’offres d’emploi (les job-boards) restent les canaux de recrutement jugés les plus efficaces aux yeux des candidats et des employeurs. Ils devanceraient largement les portails institutionnels comme Pôle Emploi et les réseaux sociaux tels que LinkedIn et Viadeo.

Hervé Bommelaer : Ces chiffres ne m’étonnent pas. Les job boards de type Cadremploi, RégionsJob, Apec, Indeed, etc. sont plus efficaces que le site de Pôle emploi. Ils sont également plus puissants que LinkedIn et Viadeo qui publient certes des annonces mais ne sont pas au départ des sites d’emploi.

4) Philippe DoualeSelon vous, pour être vraiment efficace, quel pourcentage de son temps doit consacrer un chercheur d’emploi sur :
• répondre à des annonces sur les sites d’offres d’emploi,
• envoyer des candidatures spontanées,
• faire du réseau (dans le monde réel),
• mettre à jour et faire vivre ses profils sur les réseaux sociaux (viadeo, linkedin, twitter…)

Hervé Bommelaer – tout dépend de la population concernée et du secteur d’activité. Pour faire simple, je dirais que pour un cadre supérieur ou dirigeant, la « bonne formule » c’est :
• Entre 70 et 75% de son temps consacré à faire du Réseau.
• Entre 10 à 15% à rencontrer les chasseurs de têtes.
• Entre 5 à 10% consacré aux job-boards. Une bonne habitude consiste à répondre tous les lundis matins aux annonces qui sont réellement intéressantes pour lui.
• L’usage des candidatures spontanées est à réserver dans un second temps, pour optimiser son ciblage en contactant les cibles non approchées jusque là.

Pour un jeune débutant, c’est différent. Je dirais :
• Un tiers de son temps consacré au réseau.
• Un tiers pour répondre aux annonces.
• Et le dernier tiers pour les candidatures spontanées.

Le débutant doit évidemment faire du Réseau. Il est tout à fait légitime pour réseauter car il est logique qu’il demande à rencontrer les gens capables de lui donner des conseils sur le métier qu’il veut exercer.

Philippe Douale : Hervé Bommelaer, merci beaucoup pour cette interview et d’avoir répondu à nos questions.

Hervé Bommelaer (diplômé de Sciences Po Paris et de l’Essec)  est consultant en outplacement et gestion de carrière. Spécialiste des techniques d’activation du Réseau dans la recherche d’emploi, l’optimisation de carrière et le développement de business, il est considéré comme l’auteur de référence sur ce sujet en France. Il anime des conférences auprès des associations d’anciens élèves de l’Esses, de l’Insead, de l’école des Mines, de Centrale, de l’ESCP-EAP.

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1 réflexion au sujet de « Entretiens avec Hervé Bommelaer, le pape du Réseau »

  1. Merci de m’avoir fait découvrir ce qu’était un « outplacer ». Interview très intéressante, pleine de conseil judicieux qui donnent envie d’en savoir plus.

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Philippe Douale

Expert en évolution professionnelle, LinkedIn & Networking

Philippe accompagne les cadres et les dirigeants, en évolution professionnelle, pour trouver leur prochain poste, en outplacement complet (6 mois, 9 mois, un an, où jusqu’à la fin de la période d’essai), ou en outplacement en version accélérée (3 mois).
Philippe propose également des accompagnements spécialisés sur votre profil LinkedIn, que vous désiriez utiliser celui-ci pour trouver votre prochain poste, faire décoller votre business en tant que freelance, ou soigner votre image professionnelle en tant que dirigeant en poste.
Si vous êtes freelance, ou souhaitez le devenir, Philippe vous accompagne pour prendre ou reprendre un bon départ et faire décoller votre activité.

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