OBJECTIF Zéro sale con !

« OBJECTIF Zéro sale con » – Résumé

Sous-titre : Petit guide de survie face aux connards, despotes, enflures, harceleurs, trous du cul et autres personnes nuisibles qui sévissent au travail

Auteur : Robert Sutton. Enseignant-chercheur à la Stanford Engineering School, Robert Sutton est un éminent spécialiste de l’ « Organizational Behavior » – comportement organisationnel, dont l’objectif est de comprendre les comportements que les organisations engendrent, favorisent ou autorisent, tant sur les individus que sur les organisations elles-mêmes

Editeur : Vuibert – février 2007 pour l’édition originale (en anglais, The No Asshole Rule: building civilized workplace and surviving one that isn’t)

Le pitch

  • Les « sales cons » constituent une espèce endémique
  • Ils sévissent partout, y compris dans les entreprises
  • Ils ne sont pas une simple gêne mais un véritable obstacle à la réussite individuelle et collective
  • Il faut donc les repérer, les rééduquer et si c’est impossible, les éradiquer, d’où l’« objectif zéro-sale-con », titre de cet ouvrage
  • Un objectif pas toujours évident à atteindre, a fortiori quand le « sale con » est votre chef, vous contraignant à trouver des astuces pour résister à sa tyrannie
  • Un objectif à s’appliquer également à soi-même car le « sale con » qui sommeille en nous tous peut surgir à tout moment.

 Pourquoi il faut avoir lu ce livre ?

  • Pour la fluidité de la démonstration qui, alternant résultats de recherche, témoignages et exemples, donne l’impression que l’objectif – se débarrasser des sales cons – ou sa forme dégradée – réussir à survivre en milieu hostile – est à la portée de tous.
  • Pour l’originalité du propos, l’auteur n’hésitant pas à manier le cynisme quand il calcule « le coût du sale con » afin de motiver les dirigeants récalcitrants à faire le ménage dans leurs effectifs.
  • Pour le registre de langue employé, totalement inhabituel dans un ouvrage de management : ici on parle cru.

Le Résumé

Comment éviter que les « sales cons » ne transforment votre lieu de travail en un espace invivable ? Ce guide, très documenté, a pour ambition de permettre à chacun de prendre conscience et de « traiter d’un problème qui traumatise des millions d’individus chaque jour. » Mais qu’entend-on par sale con ?

N’est pas « sale con » qui veut

Dans le premier chapitre de son ouvrage, Robert Sutton présente 3 caractéristiques dont l’addition permet de cataloguer votre interlocuteur parmi les « sales cons » :

  1. les effets provoqués par son comportement sur la victime : celle-ci doit en effet se sentir agressée, humiliée, démoralisée ou rabaissée ;
  2. le choix de la victime : le « sale con » ne s’attaque pas à plus puissant que lui. Il réserve ses « vacheries » à ceux situés à un niveau hiérarchique ou social inférieur au sien
  3. la répétition continue de telles pratiques : il ne s’agit pas d’un faux pas occasionnel mais bien d’une réelle perversité

Un profil largement répandu en entreprise

Pourquoi les « sales cons » prolifèrent-ils dans les organisations ? Parce qu’ils y jouissent d’une relative impunité, comme le justifie l’argumentation suivante :

  • A travers la médiatisation de patrons iconiques au comportement abusif se forge implicitement dans l’esprit du grand public le raccourci « charisme = tyrannie »
  • Conséquence de cette équation : adopter un comportement hostile en entreprise est la marque d’un certain pouvoir
  • Une dérive encouragée bien souvent par les entreprises elles-mêmes qui tolèrent ces profils arrogants et incivils au regard de leur performance économique. Or cette politique de rémunération et d’évaluation qui « en ne récompensant que les stars et en traitant les autres salariés comme des citoyens de 2eou 3ezone » renforce les tensions.

Une aberration tant comportementale qu’économique

Le mal-être en entreprise s’est progressivement imposé comme l’une des questions majeures de nos sociétés occidentales, étayée par les contributions de différentes disciplines en sciences sociales. L’impact négatif des harceleurs sur leurs victimes, leur entourage et le collectif de travail est donc largement documenté. Pourtant de nombreuses entreprises vivent encore dans le déni des dégâts causés par ces pratiques abusives.

Convaincu que la variable financière est l’élément qui poussera les dirigeants à régler la question des « sales cons », Robert Sutton leur propose de calculer le coût total induit par les mauvais comportements de certains de leurs salariés.

Pour calculer le « coût total du sale con », il convient de chiffrer la perte de gain ou les dépenses relatives aux :

  • dégâts liés aux victimes : défaut d’implication, arrêts maladie, départs…
  • dégâts liés au collectif de travail : baisse de la productivité, absentéisme, turn-over, révolte larvée (vols…)
  • conséquences sur les dirigeants : temps passé à rassurer les équipes et les partenaires externes (clients, fournisseurs, investisseurs…) sur le climat social
  • conséquences juridiques et RH : temps passé à gérer et à régler les conflits, les rotations de personnel
  • conséquences sur les sales cons eux-mêmes : perte de productivité liée à l’isolement, humiliation lorsque les abus sont dénoncés, licenciement et difficulté à retrouver un emploi

Comment atteindre l’objectif Zéro sale con ?

Pour parvenir à éradiquer les sales cons sur le lieu de travail, Robert Sutton propose de déployer une démarche en 10 points :

  1. Partager largement cette ambition en interne
  2. Eviter d’embaucher « des sales cons »
  3. S’en débarrasser au plus vite s’ils sont déjà présents ; cette règle s’applique également aux clients détestables.
  4. Les traiter comme des employés incompétents, quel que soit leur apport par ailleurs
  5. Etre conscient des ravages du pouvoir sur la plupart des individus qui, dès qu’ils en détiennent une infime partie, peuvent se transformer très vite en tyrans
  6. D’où l’importance de limiter les strates hiérarchiques dans l’entreprise
  7. Agir systématiquement sur les micro-dérapages du quotidien pour parvenir à une vraie modification des comportements
  8. Maintenir une confrontation constructive, vecteur essentiel de créativité, en reprenant la formule de Karl Weick : « battez-vous comme si vous aviez raison ; écoutez comme si vous aviez tort»
  9. Conserver éventuellement un ou deux sales cons pour l’exemple, ou plutôt le contre-exemple qu’ils distillent auprès des autres salariés. Ceux-ci s’approprieront ainsi plus facilement « ce qu’il ne faut pas faire »
  10. Promouvoir le cercle vertueux du « zéro-sale-con » qui, reposant sur des comportements individuels positifs et constructifs, installe un climat de confiance au niveau de l’entreprise qui rejaillit sur les individus etc.

Et si le sale con est à la tête de l’entreprise ?

Dans le cas où votre chef est un « sale con », deux options s’offrent à vous : quitter l’entreprise mais avez-vous des perspectives de rebond ? Dans la négative, tenter d’appliquer ces quelques règles de survie :

  • Restez lucide : n’espérez pas que le « sale con » changera de comportement.
  • Croyez en vous : oui, vous avez les moyens de résister.
  • N’attirez pas l’attention
  • Essayez de vous détacher émotionnellement
  • Créez des moments de respiration en côtoyant des personnes sympathiques
  • Choisissez vos combats : privilégiez ceux que vous pouvez gagner afin de renforcer votre confiance en vous.

Et si le sale con, c’est vous ?

Plus de temps à perdre :

  • Concentrez-vous sur des pensées positives, par exemple ce que peut vous apporter une coopération réussie
  • Renversez la situation : vous apprécieriez de subir ce que vous faîtes subir à votre victime ?
  • Arrêtez de vouloir toujours plus
  • Demandez-vous comment les autres vous perçoivent : vous débusquerez vos défauts.
  • Essayez de comprendre pourquoi vous en êtes arrivé là. Repensez à votre enfance : plutôt harceleur ou harcelé ? Avez-vous grandi dans une famille où défendre son honneur importait avant tout ?

Etre un sale con peut – transitoirement – s’avérer payant

Certes, la course au pouvoir se gagne en prenant l’ascendant sur ses adversaires. Presque tous les coups sont permis, y compris le recours à « l’intimidation, l’arrogance, la menace et la déstabilisation. »

Mais une fois au sommet, changez d’attitude. En effet : « les entreprises dont la culture privilégie le respect au détriment de la peur attirent les meilleurs éléments, réduisent les coûts de rotation du personnel, partagent plus librement les idées, sont moins perturbées par la compétition interne et dominent la concurrence extérieure. »

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2018-10-14T21:08:01+00:0022/09/18|Résumés de livres|0 commentaire

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