UNIQUE(S) – Et si la clé du monde de demain, c’était nous ?

UNIQUE(S) – Résumé

Sous-titre : Et si la clé du monde de demain, c’était nous ?

Auteur : Alexandre Pachulski

Editeur : E/P/A, Paris 2018

UNIQUE(S) – Le pitch

« Nous sommes tous des autodidactes du bonheur. » Cette formule, utilisée par Alexandre Pachulski dans les premières pages d’Unique(s), ne peut laisser indifférent. Elle résume la difficulté à trouver sa voie dans une société qui, dès l’enfance, nous conditionne à faire des choix par défaut. Ceux qui ont la chance d’entamer une seconde vie professionnelle le savent bien : la première leur a rarement apporté l’épanouissement attendu. Obsédés par l’envie, et le besoin, de gagner de l’argent, ils ont longtemps muselé la petite voix intérieure qui les guidait vers un autre avenir professionnel. Mais si elle sacrifie l’individu, cette forme de renoncement est-elle pour autant favorable au collectif ? Pas si sûr, si l’on observe ce qui se joue actuellement sur le marché du travail où les profils décalés sont de plus en plus recherchés. Alors, oui, osons être unique(s) !

UNIQUE(S) – Pourquoi il faut avoir lu ce livre ?

Plaidoyer pour une véritable affirmation de soi, l’ouvrage d’Alexandre Pachulski déconstruit les fondements d’une société qui nous entraine vers un seul objectif : gagner de l’argent. Un objectif qui, en termes de scolarité et de carrière, nous incite trop souvent à suivre une voie qui n’est pas la nôtre, jusqu’au moment où tout bascule. Car ces choix par défaut s’avèrent le plus souvent contre-productifs : comment trouver la motivation nécessaire pour se lever le matin lorsque sa vie est en totale contradiction avec ses aspirations ? 

Mieux vaut ne pas renoncer trop tôt à ses rêves, comme en témoigne le parcours d’Alexandre Pachulski qui, avant de devenir un entrepreneur et un auteur comblé, a connu des périodes difficiles. Difficile en effet, après un doctorat spécialisé en intelligence artificielle, d’annoncer à ses parents que l’on souhaite finalement embrasser une carrière de musicien. Difficile de maintenir cette position lorsque les portes des maisons de disques se ferment les unes après les autres. Difficile d’affronter l’incompréhension de son entourage lorsqu’à 30 ans, on préfère lancer son entreprise que de postuler dans une société bien établie. Et pourtant, à force d’opiniâtreté, Alexandre parviendra à son objectif : monter l’activité dans laquelle il s’épanouit aujourd’hui. 

De ce parcours, il a tiré un ouvrage, Unique(s), qui démontre tout l’intérêt de s’affirmer sans se laisser enfermé. Y compris dans cet univers normatif qu’est l’entreprise. Une entreprise prête à faire son aggiornamento pour conserver ses talents. Mais si la transformation actuelle des organisations semble s’effectuer au profit des collaborateurs, qu’en sera-t-il dans quelques années ? Les nouvelles technologies (intelligence artificielle, robotique, objets connectés, réalité augmentée) ont-elles vocation à déprécier ou à valoriser la place de l’homme ? Elles poussent en tout cas à s’emparer sans tarder de cette question capitale pour notre avenir. 

UNIQUE(S) – Le résumé

Et si nous faisions fausse route ? Si les apprentissages intégrés tout au long de notre scolarité puis dans nos différents emplois concouraient à nous détourner de ce qui compte vraiment : nous. Pourtant, dès le Ve siècle avant J.C, un certain Socrate nous alertait : « Sans ce travail sur soi-même, la vie ne vaut rien. » 

Alors comment faire émerger et cultiver sa singularité ?

  1. Faire de notre différence un atout

Mais d’abord qu’entend-on par singularité ? A première vue, le terme s’apprécie en référence à ce qui nous est propre, soit :

  • nos pensées, nos sentiments, nos émotions
  • nos qualités et nos défauts
  • nos aspirations et nos doutes
  • nos goûts et nos répulsions
  • notre façon d’envisager le monde, d’agir, de nous comporter…

Cette liste, non exhaustive, témoigne de la complexité de définir une personnalité. Et pourtant, l’école, lieu des apprentissages par excellence, a tendance à prendre le contrepied de cette approche individualiste : dans chaque classe, les élèves sont conduits à marche forcée vers l’obtention d’un niveau qu’un certain nombre ne parviendront jamais à atteindre au regard de leur fonctionnement.

Un vrai gâchis puisque les profils atypiques sont à même d’ouvrir des voies insoupçonnées par la majorité. La bonne ou la mauvaise nouvelle, c’est qu’à la naissance, nous sommes tous dotés de cette faculté que l’école se charge très tôt de nous retirer. Les résultats de l’étude menée en partenariat avec la Nasa par le docteur Georges Land auprès de 1600 enfants est particulièrement édifiante à ce sujet : lorsqu’on demande à des enfants âgés de 4-5 ans de faire preuve de créativité pour résoudre certains problèmes, 98% démontrent une capacité à innover. Cinq ans plus tard, ils ne sont plus que 30% et à 15 ans,…2% ! 

D’où l’affirmation d’Alexandre Pachulski : « C’est parce que nous sommes tous uniques que les dispositifs d’apprentissage qui nous sont proposés doivent s’adapter à nous plutôt que l’inverse. » L’école étant dans l’incapacité de faire du sur-mesure, il revient donc à chacun de développer sa propre manière d’apprendre pour faire fructifier sa singularité

De cette capacité à rester soi en toutes circonstances dépend notre épanouissement. Et si, à la différence de l’école, le monde du travail nous offrait cette opportunité ?

  1. S’épanouir au travail
  • Le travail idéal

Connaissez-vous le concept japonais d’Ikigai ? Il pourrait s’apparenter au travail idéal dans la mesure où il repose sur les quatre piliers suivants :

  • Ce que j’aime faire
  • Ce que je sais faire
  • Ce dont le monde a besoin 
  • Ce pour quoi je peux être rémunéré

En combinant l’ensemble de ces éléments, il y a fort à parier que nous pourrions nous réaliser pleinement. Mais comment parvenir à une telle équation ?

Une partie de la réponse se trouve dans la reprise du concept d’Ikigai, formulé cette fois sous forme de questions :

  • Quelles sont mes aptitudes ?
  • Quelles sont mes envies ?
  • Comment puis-je me rendre utile ?
  • N’y a-t-il pas un métier qui corresponde aux trois items précédents et me permette de gagner ma vie ?

Si, à la suite de vos réponses, une idée d’emploi émerge alors mettez tout en œuvre pour la concrétiser. Il serait dommage de passer à côté de votre avenir. 

Bien souvent, ce travail idéal demande de développer de nouvelles compétences. Et parmi celles-ci figure la chance. Oui, vous avez bien lu : la chance est une compétence que l’on peut travailler. Pour vous en convaincre, n’hésitez pas à visionner la vidéo de Philippe Gabilliet, professeur à l’Escp, intitulée Le facteur chance ? Vous comprendrez pourquoi la chance est rarement le fruit du hasard. Provoquer les opportunités est une des meilleures options pour booster votre carrière. D’ailleurs de plus en plus d’entreprises recherchent ces profils audacieux, alors foncez ! 

  • L’entreprise idéale

Les entreprises les plus en pointe l’ont bien compris : leur performance est directement corrélée à la créativité et à l’engagement de leurs collaborateurs. 

Prenant le contre-pied de l’école, elles sont de plus en plus nombreuses à intégrer des profils décalés. Car, comme le relève Alexandre Pachulski, « si se différencier est un facteur clé de succès des entreprises, comment espérer le faire avec des personnes venant des mêmes écoles, ayant suivi le même parcours et pensant de manière identique ? »

La recherche d’une plus grande diversité de profils s’accompagne en parallèle de réflexions et d’interventions sur les trois composantes suivantes :

  • Les hommes
  • Leur environnement de travail
  • Leurs interactions

Comment rallier les hommes ?

L’écosystème entrepreneurial fonctionne avec différents types de collaborateurs : salariés, prestataires, fournisseurs, partenaires… Chacun, dans sa position, contribue à la réussite du collectif ou peut au contraire le pénaliser s’il n’est pas suffisamment impliqué. Alors comment parvenir à aligner ces profils si différents ? Peut-être faut-il regarder du côté des start up qui, pour la plupart d’entre elles, affichent leur mission dans des termes beaucoup plus clairs que bon nombre d’entreprises traditionnelles. Un bon moyen de fédérer. 

Comment améliorer les conditions de travail ?

Nous avons tous en tête ces univers glaçants imaginés par Charlie Chaplin (Les Temps modernes), Jacques Tati (Playtime) ou Terry Gilliam (Brazil). Pour une partie de l’humanité, ils constituent encore un quotidien de travail sans perspectives d’amélioration. Pour les autres en revanche, ils ne sont qu’une vision cauchemardesque, bien loin de leur réalité. Bureau, espace de coworking, home office : en fonction de leurs impératifs et de leurs habitudes de travail, les travailleurs contemporains accèdent à une variété d’environnements que les générations précédentes n’auraient osé imaginer. Mais leurs employeurs ont saisi tout le bénéfice qu’ils pourraient tirer de lieux inspirants. La créativité et l’implication des équipes est à ce prix.

Comment favoriser les interactions ?

Expert en gestion des talents, Alexandre Pachulski relève que les quatre piliers d’une expérience de travail réussie sont :

  • une bonne rémunération
  • un environnement de travail agréable
  • l’opportunité de travailler sur un projet intéressant
  • une bonne relation avec son manager

Revenons un instant sur les deux derniers points :

Avez-vous déjà entendu la formule « on rejoint une entreprise mais on quitte un manager » ? Elle révèle toute la difficulté de bâtir une relation hiérarchique harmonieuse, a fortiori dans le contexte actuel, où le mode projet a pris le pas sur l’approche décideur-exécutant. 

Il en découle de nouvelles formes de coopération, basées davantage sur l’horizontalité des décisions que sur leur verticalité. A titre d’illustration, arrêtons-nous un instant sur la procédure d’intégration du fabricant de tissu Gore-Tex : pendant plusieurs semaines, le nouvel embauché va à la rencontre des équipes travaillant sur les projets auxquels il serait susceptible d’apporter son concours. Au terme de cette période, il peut ainsi postuler en connaissance de cause sur la mission qu’il juge le plus motivante, charge pour l’équipe projet de valider sa candidature. Dans un tel contexte, difficile d’imaginer que la collaboration future ne soit pas fructueuse. 

En parallèle de ces changements organisationnels, l’émergence des nouvelles technologies contribuent, elle aussi, à définir de nouvelles relations de travail. Mais est-ce au profit de notre singularité ?

  • La technologie idéale

Intelligence artificielle, robotique, objets connectés, réalité virtuelle : autant d’innovations appelées à bouleverser notre quotidien, tant personnel que professionnel. 

Lorsque la machine se substitue à l’homme se profile alors la crainte de voir disparaitre des emplois et pas uniquement les plus pénibles. Les algorithmes à la conquête du marketing et de la finance semblent en effet indiquer qu’aucun emploi n’est à l’abri. De là à imaginer le scénario du pire, avec des robots se rendant maîtres du monde, il n’y a qu’un pas, franchi allègrement par la littérature et le cinéma d’anticipation. 

Il est donc urgent de définir collectivement la place que nous souhaitons assigner aux nouvelles technologies. Les machines ont-elles vocation à supplanter l’homme dans tous les domaines ? Mais que deviendrons-nous si demain « réfléchir, créer, socialiser ou faire appel à notre dextérité manuelle » sont opérés par d’autres ? Rappelez-vous l’Ikigai : la quête de sens est un déterminant fort de notre épanouissement

La réponse se situe sans doute dans une collaboration entre humains et machines sur les terrains définis par l’homme. Qui contesterait aujourd’hui l’apport de la réalité virtuelle pour certains patients atteints de paralysie ? En revanche, ne faut-il pas s’interroger sur les risques d’une utilisation domestique qui, si elle n’était pas suffisamment encadrée, pourrait voir émerger une nouvelle génération plus à l’aise dans ces environnements factices que dans la vraie vie ? Le débat est ouvert.

UNIQUE(S) – Ce qu’il faut retenir de ce résumé

Comment trouver sa voie à l’heure de la révolution qui s’annonce ? L’intelligence artificielle, la robotique, les objets connectés, la réalité virtuelle… sont déjà dans nos vies mais leur présence n’a encore rien de comparable avec l’essor qu’on leur prédit dans un futur proche. Faut-il s’en féliciter ou le craindre ? La question est encore loin d’occuper la place qu’elle mérite dans le débat public. Les machines auront la position que nous voudrons bien leur assigner. Encore faut-il que le collectif s’empare de ce sujet brûlant. En parallèle se pose une question plus personnelle et qui, là encore, ne peut être repoussée indéfiniment : comment chacun d’entre-nous peut-il s’épanouir dans cette société ? C’est tout l’enjeu d’Unique(s). Et les arguments avancés par Alexandre Pachulski ne peuvent que nous inciter à rester nous-mêmes pour relever positivement les défis qui nous attendent.

Bon, j’ai adoré ce livre et je vous le recommande vivement. C’est l’un des meilleurs livres que j’ai eu le plaisir de lire depuis une dizaine d’années.

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