Que faites-vous juste avant un entretien d’embauche, pendant que vous attendez votre recruteur ?

Il y a fort à parier qu’instinctivement, vous vous saisissez de votre portable, ou que vous croisez les bras sur votre poitrine, assis à patienter.

Et s’il existait des gestes indispensables, magiques, à faire pour se préparer à un entretien d’embauche, et mettre toutes les chances de son côté ?

C’est ce qu’Amy Cuddy, psychologue sociale, nous fait découvrir dans l’une de ses conférences TED. Un véritable must-see pour quiconque veut bien maîtriser son image, dans des situations professionnelles ou personnelles.

 

Que faut-il donc faire quelques minutes avant un entretien d’embauche ? La réponse dans la suite de cet article.

La communication non-verbale : un essentiel à bien gérer

Si on vous dit “communication non-verbale”, à quoi pensez-vous ?

Sans doute aux interactions humaines, et à la façon dont nos actions, nos postures, notre gestuelle, influencent le jugement que les autres se font de nous. Cette communication non-verbale, dans le monde du travail, va influencer le fait que l’on décroche ou non une augmentation, une mission, un job.

Amy Cuddy, dans sa conférence TED, va d’ailleurs même plus loin que ces exemples du quotidien.

Elle parle d’une étude surprenante menée par Alex Todorov, de l’université de Princeton. Cette étude a pu démontrer que ce qu’un groupe représentatif de personnes percevait sur le visage d’un homme politique, en une seule seconde, permettait de prévoir 70% des résultats des élections de sénateurs et gouverneurs américains !

Alors quels sont les signaux faibles, non-verbaux, qu’analysent les sociologues ? Ces gestes et postures, dites “power poses”, qui font qu’on nous perçoit comme dominant ou plutôt soumis ?

  • Le fait de se faire grand, d’occuper de l’espace, est un signe de domination. C’est le cas dans tout le règne animal. Et vous imaginez bien que les humains n’échappent pas à cette règle.

L’anecdote en plus : Les chercheurs ont pu analyser que, lorsque les athlètes non-voyants gagnaient une course, ils levaient les bras en signe de victoire… alors même qu’ils n’avaient jamais vu quiconque faire ce geste. Un signe que cette posture permet à notre corps de véhiculer naturellement une sensation de confiance en soi !

Pour préparer un entretien d'embauche, pensez à adopter ces types de high power poses

Quelques exemples de postures dites “high-power poses”

  • Le fait de se recroqueviller sur soi, à l’inverse, véhicule une image de soumission, d’infériorité par rapport à autrui.

2 exemples de postures dites “low-power poses”

La pire posture à adopter pour préparer un entretien d'embauche

L’anecdote en plus : Selon Amy Buddy, le fait de toucher son cou lors d’une interaction humaine prouve une véritable soumission, et véhicule l’idée que vous êtes en train de vous protéger.

Le non-verbal a-t-il une influence sur notre manière de penser ?

Jusqu’alors, sans doute les observations et analyses d’Amy Buddy ne vous surprennent-elles pas beaucoup.

Cependant, la conférence de la psychologue sociale va bien plus loin. Elle affirme avec certitude, chiffres à l’appui, que notre communication non-verbale a une influence sur la manière dont nous nous percevons nous-mêmes.

C’est bien ce qu’a démontré sa propre étude, menée avec sa collègue Dana Carney. Leur postulat de départ : l’expression “Fake It Till You Make It” (“feins de l’être jusqu’à ce que tu y arrives”) est véridique. En somme : le fait de faire semblant d’avoir confiance en soi, provoque… une véritable confiance en soi.

L’étude s’appuie également sur le fait qu’il est scientifiquement reconnu que :

  • La testostérone est l’hormone de la domination, et les personnalités alphas en possèdent en grande quantité
  • Le cortisol est l’hormone du stress, et les leaders en possèdent peu

Fortes de ces hypothèses, Amy Buddy et Dana Carney mènent alors une expérience sociale qui nous enseigne comment exacerber très simplement vos chances de réussir un entretien d’embauche…

2 minutes de non-verbal pour monter en puissance

Les deux psychologues s’attèlent donc à observer les taux de testostérone et de cortisol de personnes qui :

  • Ont pris une posture de domination (“high-power pose”) ou de soumission (“low-power pose”) pendant deux minutes ;
  • Puis, à qui on a proposé de parier à un jeu de hasard.

Le fait d’accepter de parier prouve, selon les chercheuses, un sentiment de confiance en soi.

Les résultats sont catégoriques :

  • 86% de ceux qui ont pris une “high-power pose” sont prêts à parier, contre seulement 60% des personnes positionnées en “low-power pose”
  • La testostérone augmente de 86% chez les “high-power”, et baisse de 25% pour les “low-power”
  • Le cortisol baisse de 25% pour les “high-power”, et grimpe de 15% pour les “low-power”

Et la conclusion est flagrante. Quiconque prend 2 minutes pour changer de posture, se grandit, même s’il feint d’être confiant, se motive lui-même, et influence son propre état d’esprit.

A vous de vous ménager 2 minutes pour préparer votre entretien d’embauche !

Amy Buddy a voulu vérifier si cette étrange influence du non-verbal sur nos comportements s’appliquait bien à des situations de notre vie professionnelle quotidienne.

En effet, on a du mal à trouver des situations qui requièrent plus de confiance en soi qu’un pitch, une grande présentation à une réunion importante, ou un entretien d’embauche. Autant de situations où nous sommes observés, décortiqués, jugés par les autres.

L’expérience est donc répétée avec des participants qui :

  • Se préparent à l’entretien d’embauche dans une high-power ou low-power pose pendant 2 minutes
  • Puis passent cet entretien, particulièrement stressant.

Les recruteurs doivent alors dire lesquels ils embaucheraient, sans savoir qui a adopté auparavant une high-power ou low-power pose.

Le résultat est sans appel : ceux qui ont adopté une high-power pose dégagent de l’authenticité, de la passion, de l’enthousiasme, de l’assurance… et sont embauchés par ces recruteurs.

Alors, sans pour autant adopter une posture de domination non-verbale pendant votre entretien, prenez donc le temps (2 minutes suffisent !) de vous construire une assurance.

Pour vous préparer à un entretien d’embauche, le dicton ne devient plus “Fake It Till You Make It”, mais “Fake It Till You Become It” (“feins de l’être jusqu’à ce que tu le deviennes”).

Avant d’entrer dans l’entreprise où vous postulez, étirez-vous, faites un grand V de la victoire avec vos bras, souriez à votre reflet dans le miroir, pendant 2 minutes seulement : vous êtes prêt.

Philippe DOUALE