Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ?

Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ?

Vous êtes en transition professionnelle mais cette période touche peut-être à sa fin : on vient de vous appeler pour un entretien d’embauche. Ne laissez pas cette bonne nouvelle se diluer dans une soudaine appréhension : comment allez-vous évoquer votre dernière rupture professionnelle ? Voici quelques conseils pour ne pas être pris au dépourvu le jour J. 

Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ? Commencez par dédramatiser !

Vous n’êtes pas un cas isolé. Cela fait maintenant 50 ans que la France s’est installée dans une situation de chômage chronique avec, sur un plan individuel, des parcours professionnels hachés. 

Ce qui compte, c’est votre capacité à rebondir après une rupture. Elle témoigne d’un esprit positif et combattif. Elle se fonde sur des qualités professionnelles et personnelles qui ne demandent qu’à être réactivées. Vos compétences techniques, votre excellent relationnel, votre leadership… sont les raisons pour lesquelles vous venez d’être sélectionné pour ce prochain job. 

Alors savourez cette première victoire au lieu de vous flageller en pensant que vous êtes à l’initiative de votre éviction. Et quand bien même : imaginons que vous ayez été licencié pour faute lourde, faute grave ou insuffisance, êtes-vous condamné à disparaitre à tout jamais ? Prenez le temps d’analyser ce qui s’est passé et, si possible, faites-vous aider dans ce moment délicat où l’on manque souvent de recul. Cette compréhension des évènements et des éventuelles erreurs qui vous incombent est la seule voie pour éviter de les reproduire. Certes, face à un recruteur, il est toujours délicat d’avouer ses faux-pas mais avez-vous le choix ?

Ne sous-estimez pas la personne en face

Dans un moment difficile, certains ont tendance à s’échapper de la réalité en l’habillant selon leurs souhaits. Appliquée à un entretien d’embauche, cette démarche pourrait s’apparenter à évoquer uniquement les sujets sur lesquels vous êtes particulièrement à l’aise, votre interlocuteur vous servant de faire-valoir dans la circonstance. Un non-sens. 

Vous êtes face à un recruteur qui peut certes subir un échec dans l’appréciation portée sur un candidat mais va tout faire pour minimiser ce risque. D’où un questionnement minutieux sur votre parcours afin de mesurer l’écart entre le candidat idéal et vous, ce qui passe notamment par le fait d’obtenir des explications logiques sur les choix – ou les non-choix – que vous avez faits.

« Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ? » est un classique de l’entretien d’embauche. Il ne devient un problème que si vous perdez pied ou si vous mentez. 

Eliminons immédiatement ce dernier cas. Si vous êtes dans le déni ou la falsification, autant ne pas vous présenter à l’entretien. Vous éviterez le discrédit. Eh oui, ne sous-estimez jamais la personne que vous avez en face de vous. Se renseigner sur un candidat est un procédé habituel. Alors imaginez l’effet dévastateur que peut représenter dans l’esprit d’un recruteur la découverte d’une mystification. 

Si au contraire, vous répondez avec franchise et concision à son interrogation, vous allez marquer des points. L’honnêteté est une valeur cardinale lorsque l’on est en passe de rejoindre une équipe. Elle fonde la confiance entre ses membres. Quant à l’esprit de synthèse, il vous crédite d’un capital apprécié des recruteurs : vous savez aller à l’essentiel, prendre du recul, donc vous n’allez pas vous laisser affecter au moindre changement. Un plus à l’heure des transformations incessantes que connaissent les organisations contemporaines. 

Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ? Ce que vous allez dire, ce que vous ne pouvez pas dire

Vous l’avez compris : pour mettre toutes les chances de votre côté, il est indispensable de bien préparer votre entretien d’embauche sans éluder aucune des questions qui peuvent vous déstabiliser. Votre licenciement en fait partie. Pour circonscrire la difficulté d’en parler, soyez avant tout factuel :

  • Caractérisez la rupture : est-ce un licenciement pour motif économique ? Une rupture conventionnelle ? Un autre cas ? 
  • Expliquez simplement pourquoi vous en êtes arrivé là :
    • Si votre poste a été supprimé suite à une décélération des ventes, donnez les chiffres qui sous-tendent votre démonstration. 
    • Autre cas plus délicat mais très répandu : si votre éviction est liée à une difficulté d’ordre relationnel avec votre n+1, soyez là-encore précis et mesuré. Surtout évitez de créer un processus d’identification entre votre futur employeur et le précédent. Donc pas d’attaque en règle, aussi circonstanciée soit-elle. Fondez plutôt votre analyse sur des formules englobant les deux parties afin d’éviter toute stigmatisation ou à l’inverse, votre victimisation. Par exemple : au lieu d’affirmer que votre patron prenait des décisions incohérentes, avancez plutôt que vous aviez des divergences sur tel et tel aspect.
  • Vérifiez ce que vous êtes autorisé à dire. Il importe de bien relire les documents relatifs à votre rupture. Il se peut qu’y figurent certaines clauses confidentielles que, par définition, les parties s’engagent à ne pas divulguer. Dans ce cas, face à un recruteur qui souhaiterait aborder ces sujets, rappelez poliment vos engagements, ce qui vous positionnera illico comme un collaborateur respectueux de la parole donnée. 

Comme toujours le succès repose sur une bonne préparation. Je vous suggère de consacrer le temps nécessaire à écrire la réponse que vous ferez lorsque l’on vous posera la question « Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ». Faites en sorte que celle-ci soit synthétique et aille droit au but. Veillez à répondre de manière courte : 20 à 30 secondes. Inutile de rentrer dans les détails sauf si votre interlocuteur continue à vous poser des questions. Echangez avec votre sparring partner sur la réponse que vous vous apprêtez à faire. Entraînez-vous à faire cette réponse à voix haute, devant une glace ! C’est le seul moyen d’être prêt le jour J et de ne pas vous en vouloir après l’entretien.

Ces recommandations intégrées, je vous conseille de laisser venir la question du licenciement lors de l’entretien, si elle vient… Evitez de prendre les devants, sauf exception. Par exemple, si vous étiez sur un projet très valorisant mais interrompu prématurément pour des raisons indépendantes de votre volonté, vous pouvez souligner combien ce challenge vous a motivé et les similarités que vous avez repérées dans l’offre sur laquelle vous postulez actuellement. Tout est affaire de discernement et je suis persuadé que votre bon sens saura vous guider dans ce moment important pour la suite de votre carrière.

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