Mauvais feeling en entretien d’embauche ?

Combien d’ouvrages, d’articles, sont consacrés à la préparation de l’entretien d’embauche ? Ici même sur ce blog, vous trouverez de nombreux conseils destinés à donner le meilleur de vous-même dans ce moment fatidique. Mais par définition, un entretien, c’est aussi une rencontre entre deux personnes, parfois plus, et sur ce terrain, le « feeling » ou ressenti prend souvent le pas sur les éléments rationnels. L’instinct en entretien d’embauche ? Est-ce que c’est vraiment une bonne idée de s’y fier ? Explications.

1. Feeling or not feeling, that is the question ?

« Ça a tout de suite matché » ou « Je ne l’ai pas du tout senti » figurent parmi les formules régulièrement employées pour résumer l’entretien que l’on vient de passer. Viennent ensuite les explications : « on a finalement un parcours assez similaire » vs « il m’a bombardé de questions sur mon licenciement, comme si le reste ne comptait pas. »

Dans ces exemples, le fait d’évoquer d’abord notre ressenti en dit long sur l’importance que nous lui accordons. Pourtant l’entretien de recrutement est tout sauf un exercice improvisé. Questions et réponses visent à confirmer que vous êtes bien le meilleur candidat pour le poste proposé. D’où une attention particulière aux situations professionnelles que vous avez rencontrées et aux compétences que vous avez su mobiliser pour parvenir aux objectifs qu’on vous avait fixés. En résumé, du factuel, du factuel et encore du factuel !

Dans la réalité, le recruteur comme vous-même, ne pouvez vous en tenir à ce qui est dit. Que vous le vouliez ou non, le langage non verbal parasite l’échange ou plus exactement le situe sur un autre plan.

2. Chassez le naturel, il revient au galop !

Mettez en présence deux inconnus et, sans même s’être encore parlé, ils développeront l’un envers l’autre un a priori positif ou non. La raison est à rechercher dans l’hémisphère droit de notre cerveau et sa capacité à saisir et à agencer une infinité d’éléments transmis par nos capteurs sensoriels. Attitude, vêtements, sourire, parfum, voix… sont autant d’indices qui font écho à des souvenirs personnels ou interrogent notre mémoire collective. Avec pour conséquence de développer un avis sur toute situation à laquelle nous sommes confrontés. A fortiori dans un moment à fort enjeu comme l’entretien d’embauche où le cerveau redouble d’activité pour détecter une éventuelle menace : un regard fuyant, une poignée de main molle, une odeur de renfermé, et c’est l’alerte rouge. Comme dans les temps les plus reculés où homo habilis s’empressait de détaler au moindre signe de dangerosité. A la différence ici que vous êtes dans le bureau du recruteur et qu’il serait incongru de s’enfuir. Et pourtant…

3. Qui se ressemble s’assemble !

Pourquoi les femmes, les jeunes, les seniors, les personnes issues de la diversité ou en situation de handicap ont-ils plus de difficultés à s’insérer sur le marché du travail à des postes correspondant à leur niveau de qualification et d’expérience ? Répondre à cette interrogation, c’est observer qui recrute. Car là encore, la carte émotionnelle joue à plein régime. Eh oui, le décisionnaire a tendance à aller spontanément vers ce qu’il connait et qui le rassure. D’où son penchant à embaucher des profils qui lui ressemblent. Le problème, c’est que le succès est souvent corrélé à la capacité à mixer les talents. Même si l’histoire a tendance à ne retenir qu’un seul nom, Apple, Microsoft, Facebook … se sont construits sur un duo de compétences complémentaires. Et ceux d’entre vous qui ont eu entre les mains le livre de Guy Kawasaki, célèbre capital-risqueur, ont sans doute retenu ce passage : « Beaucoup d’entrepreneurs embauchent des personnes assorties au reste de l’entreprise. Les ingénieurs embauchent des ingénieurs. Ceux qui ont un MBA embauchent des gens avec un MBA. Les hommes embauchent des hommes. Rentrer dans le moule est une chose, mais on va vraiment trop loin si tout le monde doit être jeune, mâle, geek ou avoir le même type de profil. »

4. A double tranchant !

Reste à prendre conscience de ce biais et éventuellement à en jouer. En tant que candidat, vous avez tout intérêt à vous documenter sur le recruteur afin de repérer d’éventuelles connexions entre son parcours et le vôtre. Développer une complicité avec votre interlocuteur  est un bon moyen de franchir avec succès l’épreuve de l’entretien et d’obtenir éventuellement des conseils pour la suite du recrutement.  

En revanche, si vous ne parvenez pas à briser la glace, n’en tirez pas de conclusion hâtive. Vous n’êtes pas à la place du décisionnaire. Peut-être souhaite-t-il tester votre résistance au stress ; peut-être a-t-il d’autres préoccupations en tête. Donc pas de panique. Sauf comportement odieux de la part de votre interlocuteur, mettez en sourdine la petite voix intérieure qui vous serine que ce job n’est pas pour vous et poursuivez l’échange. Vous n’en serez que plus satisfait si le résultat s’avère positif.

Mauvais feeling en entretien – Pour conclure

Même si vous avez un mauvais feeling en entretien d’embauche avec votre interlocuteur, maintenez votre écoute au maximum, restez concentré sur votre pitch, sur les échanges, et surtout gardez le sourire toute la durée de l’entretien. Le feeling est avant tout subjectif et inconscient. Il n’est peut-être pas un si bon indicateur donc même si vous ressentez du négatif dans la relation, surtout ne le montrez pas et en baissez pas les bras ! Vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise !

Consignez votre ressenti dans votre compte rendu dont vous seul aurez bien sûr accès ; c’est un moyen d’extérioriser. Et ensuite focalisez-vous sur vos prochains entretiens ! Gardez le cap ! Gardez confiance en vous en toutes circonstances !

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Philippe Douale

Expert en évolution professionnelle, LinkedIn & Networking

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